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Saint-Etienne-Lyon c'est plus qu'un derby du foot. C'est aussi la lutte des classes entre la ville populaire et la ville bourgeoise. C'est dans cette optique que j'ai voulu comparer les deux présidents de club.   

Aulas est le président de l'OL, Romeyer celui de l'ASSE. Chacun a son style, nous alllons voir que leur origine sociale se concrétise dans un habitus spécifique. Vous verrez que l'un est plutôt rural et l'autre urbain.

Avec le sociologue Pierre Bourdieu (1930-2002) on peut définir simplement l'habitus comme la façon dont les structures sociales s'impriment dans nos têtes et nos corps par intériorisation de l'extériorité.  À cause de notre origine sociale et donc de nos premières expériences puis de notre trajectoire sociale, se forment, de façon le plus souvent inconsciente, des inclinaisons à penser, à percevoir, à faire d'une certaine manière, dispositions que nous intériorisons et incorporons de façon durable.

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Etant stéphanois et supporter de l'ASSE j'ai souvent vu Romeyer.

Tout le monde vous dira qu'il est très accessible..Personnage authentique au tutoiement facile, qui sait autant taper sur l'épaule qu'être impitoyable en affaires, notamment dans les négociations de contrat, Romeyer est totalement immergé dans l'ASSE. Il a même laissé la gestion quotidienne de son entreprise à son fils..Politiquement il est à droite,  il ne s'en cache pas car il a soutenu la candidatured e Gael Perdriau à la mairie de Saint-Etienne contre le maire PS Maurice Vincent .

D'où vient Romeyer? Né le 25 août 1945, il commence sa carrière de footballeur en tant que milieu de terrain avant de se reconvertir gardien de but. Titulaire à 18 ans du Brevet Supérieur d'Étude Commercial à Firminy, il pratiqua aussi le tennis, le ski et certains sports automobile.

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Président du club de football de Pont-Salomon très jeune, il y rencontre M. Charrel qui deviendra son directeur à SACMA Agencements. Il dirigera ensuite un club de Roche-la-Molière avant de revenir aux affaires en reprenant en main en 1981 l'entreprise SACMA Agencements. Ses liens avec l'ASSE commencent au début des années 1990 quand Bernard Champion, son ami, lui demande de devenir le dirigeant de l'équipe réserve de ce club.    

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Il dit: "Je suis de la dernière lignée des présidents supporteurs, avec Louis Nicollin à Montpellier. Les autres sont des businessmen. L'argent n'a jamais été mon leitmotiv. Je suis là par amour pour mon club. Je suis tombé dans le Chaudron à 12 ans, en 1957, lors d'un derby contre Lyon. Entre supporteurs, on se chicanait puis on allait boire un coup ensemble. Aujourd'hui, on ne voit que les boucliers et les casques des CRS."  "Je suis naturellement fou, ma passion n'arrange rien. En 2007, je me suis fait tatouer sur le bras gauche une panthère et le logo de l'ASSE. Certes, il n'est pas vert. En revanche, à ma mort, je reposerai dans un cercueil vert spécialement fabriqué…"

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"Il y a trois ans, j'ai fait la route entre Saint-Étienne et le Stade de France en vélo avant notre victoire en Coupe de la Ligue (1-0 contre Rennes). J'avais lancé ce pari en cas de qualification pour les demi-finales, face au PSG. D'autres m'avaient suivi, pensant sans doute qu'on serait éliminés! On a commandé 42 vélos et formé un peloton escorté par la Garde républicaine, comme sur une étape du Tour. Dans les villages, les écoliers nous attendaient sur les trottoirs, et à Paris, des gens criaient "Allez les Verts" sur notre passage. C'était dingue! " " On a raillé mon accent de la Haute-Loire. J'essaie de rester indifférent, mais les médias n'aident pas en sortant parfois une photo où je porte mes lunettes noires. Dessus, je fais un peu caïd… "

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A Lyon, avec Aulas c'est un parcours différent.  Jean-Michel Aulas s'est construit une réputation. Celle d'un manager méthodique et ambitieux, qui bâtit pierre après pierre un grand club européen capable de jouer dans la cour des grands et dans un grand stade..

Adepte du franc-parler, le patron de l'Olympique lyonnais s'est aussi fait une spécialité des maneuvres d'appareil à la Ligue de football professionnel (LFP), dont il est vice-président. . C'est sur ces fronts-là qu'il a gagné ses galons de «Machiavel libéral».

Pourtant sa jeunesse est plutôt à gauche. Rien ne prédisposait  ce fils de profs, marqué par un père aussi journaliste et poète à ses heures, à endosser l'uniforme de l'entrepreneur à répétition.

Le jeune Aulas, natif de L'Arbresle, aux portes du Beaujolais, sera même délégué de l'Unef, le syndicat étudiant, en Mai 68. Monté à Paris pour les «événements», il reste fasciné par Cohn-Bendit: «Je buvais ses paroles», s'amuse aujourd'hui le PDG.

Le soixante-huitard, étudiant en BTS d'informatique au lycée La Martinière de Lyon, demande l'émancipation à ses parents. Car, pour créer une entreprise, il faut être majeur - ce qu'à 19 ans, en 1968, Jean-Michel Aulas n'est pas encore. En plein boom de l'informatique naissante, il crée, avec trois compères, le Cegi, Centre européen de gestion par l'informatique. Ambiance start-up avant l'heure. Las! les obligations militaires et des problèmes de trésorerie mettent fin à l'aventure au bout de dix-huit mois: le Cegi est revendu, en 1970 - à bon prix - à la Cegos, qui embauche Aulas et Jean-Claude Sansoë, l'un des quatre associés....

Le 15 juin 1987, Jean-Michel Aulas, 38 ans, devient président de l'Olympique lyonnais... un peu par hasard! L'ex-joueur de handball de haut niveau ,se lance dans le foot sans y connaître grand-chose, «pour rendre service». Mais il présente un plan très ambitieux, qui doit amener Lyon en Coupe d'Europe en quatre ans. «C'était plus un concept marketing qu'un plan stratégique, admet aujourd'hui Aulas. Au bout de six mois, je me suis rendu compte que le sujet était difficile et le milieu particulier.»

Concernant la politique il répondait en 2011 sur Lyoncapitale.fr à la question suivante: Vous avez déclaré avoir une sensibilité de droite et entretenir une relation amicale avec Gérard Collomb (PS). Comment vous positionnez-vous par rapport à cette opposition droite/gauche ?  "J’ai une vision progressiste. J’essaye toujours de faire preuve de pragmatisme. Je pense qu’on ne peut pas dissocier le social de l’économie. Je n’ai jamais voulu faire de politique, pour éviter de me retrouver prisonnier de telle ou telle position. J’ai soutenu Nicolas Sarkozy lors des présidentielles de 2007. Je soutiens Gérard Collomb lorsqu’il fait de très bonnes choses pour la ville de Lyon. De la même manière que je soutiens Michel Forissier, lorsqu’il cherche à développer du côté de Meyzieu un certain nombre de choses positives. Ça ne me pose pas de problèmes. Je suis derrière les grands projets et complètement libre de choisir le vecteur le plus efficace pour qu’ils se réalisent."