prud_homme

Il a plus d'un tour dans son sac! Il livre quelques secrets dans un livre.

En 2017, Christian Prudhomme fête ses dix ans à la tête du Tour de France. L'occasion pour lui de revenir sur son parcours et son histoire d'amour avec le Tour de France en nous livrant de nombreux secrets et anecdotes sur la grande et la petite histoire de cette course mythique et mondialement connue.
" Je vais donner le départ du Tour de France. C'est enivrant. Je me refuse à céder au sentimentalisme et j'éprouve comme une sorte de lucidité défensive. J'ai du mal à croire à ce qui m'arrive. Tout ce que j'ai aimé jusque-là se trouve réuni dans un même creuset qui s'appelle la passion du Tour de France. Nous sommes à Londres, en ce mois de juillet 2007.
C'est l'heure de l'événement. Je n'arrête pas de rouler et de dérouler mon drapeau, debout dans la voiture. Ca en devient une manie. Je suis seul au monde. Le Tour est sous ma loi dirigeante.
Soudain, le drapeau du Tour claque au vent de la plaine. Il est petit, j'ai envie de dire minuscule, mais il m'apparaît, tel une immense oriflamme. Jamais mon geste n'a paru aussi ample. Je ne m'appartiens plus.
Je disparais, comme replongeant sous les eaux, au fond de la voiture directoriale pilotée avec maestria par l'ancien routier, double champion de France contre-la-montre, Gilles Maignan.
Le peloton accélère et gloutonne ses horizons nouveaux. Le charme tranquille des vallons anglais n'est pas pour cette chenille multicolore. Le 94e Tour est parti à grande allure... Je ne voudrais pas qu'il lui arrive du mal. De temps en temps je me sens absent, jamais rebelle, mais, très vite, je retrouve ma combativité. L'épreuve me dépasse, mais pour quelques secondes seulement... Je crois que je ne guérirai jamais du Tour de France. Nous étions le dimanche 8 juillet 2007. "

 

Tour_Prudhomme_1

Christian Prudhomme raffole du saucisson pyrénéen et des soirées d’élections cantonales. On défie quiconque de savoir apprécier autant que lui le défilé télévisuel de conseillers généraux, parfaits inconnus auxquels il associe une foule de souvenirs personnels. À force de sillonner le pays en long, en large et en altitude, le directeur du Tour de France a développé une connaissance peu commune de ses élus, de sa géographie et de son patrimoine, y compris charcutier.

Il y a du Chirac chez ce titi parisien. Pour son contact facile, pour sa charpente : 1,90 m, 95 kg. De quoi lui permettre d’encaisser, chaque été, ces agapes qui cimentent ses relations avec des centaines d’élus locaux, fonctionnaires, figures des milieux économiques et associatifs, croisés le long des 3.500 km du parcours de la Grande Boucle, mais aussi en amont, lors de la préparation de l’épreuve. "Pendant le Tour, il m’arrive de dîner deux fois le même soir pour honorer les invitations. Il faut de la santé, et se préparer. Je n’ai, par exemple, pas bu une goutte d’alcool depuis deux mois. Le jour de mon embauche, en 2004, j’ai dit que j’avais signé un CDI avec le cholestérol. J’avais oublié les triglycérides et les Gamma-GT. J’ai dit aussi que j’avais un atout : je savais trancher le saucisson. Je ne plaisantais pas."

Jean-Marie Leblanc, son prédécesseur et mentor, a théorisé ce devoir de convivialité : "Avec la connaissance du cyclisme, c’est la principale qualité requise pour diriger le Tour. Pour sécuriser les routes, obtenir les autorisations, les parkings, il faut travailler avec les maires, les conseillers régionaux, les offices de tourisme, les préfectures. Le directeur du Tour doit aimer les gens. On est en France, il faut aimer boire un coup avec eux. Cela ne s’apprend pas. J’ai repéré Christian quand il était journaliste. C’était dans sa nature."

Une petite photo aussi avec le président de l'ASSE, Roland Romeyer qui était venu saluer Christian Prudhomme...

romeyer_prudhomme