aime5

Dans le cadre du blog la stratégie du poulpe, le poulpe vert analyse comment les affects ont une influence dans la sphère football.
   Aujourd’hui dans nos tentacules le champion du monde 98 : Aimé Jacquet. Une trajectoire qui démarre pourtant dans une petite bourgade de la Loire : Sail-sous-Couzan. On est bien là au cœur de notre démarche. C’est étonnant de voir comment le parcours individuel est un mélange d’une identité de départ confronté ensuite aux affections du monde extérieur, donc de l’inertie et du mouvement. Du même et du différent….

Nous sommes donc allé faire un petit tour dans la région....


C’est toujours la même chose : il faut voir ce qui nous affecte, ce que cela nous fait et ce cela nous fait faire. Chaque expérience de la vie a des effets sur ce que nous sommes, mais l’effet dépend de ce que nous sommes déjà avant.  

aim_4

Aimé Jacquet, né le 27 novembre 1941 à Sail-sous-Couzan (Loire), est un ancien joueur et entraîneur international français de football, d'abord milieu de terrain des Verts (1960-1973) puis de l'OL, avant de faire en tant qu'entraîneur les grandes heures des Girondins de Bordeaux (1980-89) puis de l'équipe de France (1994-98).

Enfant, Aimé Jacquet joue dans le club de son village natal, l'US Couzan, avant de rejoindre l'AS Saint-Étienne. « C’est à Sail avec une bande de copains qu’est née ma passion du football. A cette même époque, on ne parlait que des verts ».

Il fait partie de la dernière génération des footballeurs travailleurs : il alterne avec son métier d'ouvrier à l'usine et de footballeur.

Les recruteurs stéphanois le repèrent et on lui propose de rejoindre la réserve professionnelle de l’AS Saint-Etienne. A partir de la saison 1959-60, évoluant en amateur à l’ASSE, il découvre alors le monde ouvrier en s’installant à Saint-Chamond. En plus d’y trouver sa future femme, il apprend à connaître tout un univers qui finira par le marquer à jamais. L’entraide, la solidarité, la complicité sont des vertus dont il comprend tout leur sens au milieu de ses collègues de travail qui vont jusqu’à le couvrir lorsqu’il s’agissait de quitter son poste plus tôt pour se rendre à ses séances d’entraînement. Il en éprouvera une gratitude et une reconnaissance éternelle envers ses compagnons qui auront tout fait pour qu’il puisse assouvir sa passion.

jac_

Devenu par la suite professionnel, il est titulaire au milieu de terrain avec les « Verts » sous la houlette de Jean Snella puis d'Albert Batteux qui vont marquer sa carrière de joueur. Disciple consciencieux et appliqué de ces deux entraîneurs charismatiques du championnat de France, Aimé Jacquet joue un rôle de régulateur sur le terrain et se porte garant du bon équilibre du collectif des Stéphanois. Avec l'équipe de France, il ne connait que deux brèves sélections en 1968 sous l'ère Louis Dugauguez. Moins en vue lors de ces dernières années avec l'ASSE, il part en 1973 jouer chez le rival voisin : l’Olympique lyonnais. Après deux saisons, il raccroche les crampons en 1975.

Puis dans les années 1980, il démarre alors une carrière d’entraîneur à Lyon (1976-1979), Bordeaux (80-89), Montpellier (89-90) et Nancy (90-91). Accumulant trois titres de champion de France et deux Coupes de France, l’ex-joueur se forge une solide réputation
En 1991, il rejoint la Direction Technique Nationale puis devient l’année suivante l’adjoint du sélectionneur Gérard Houiller.
Suite au fiasco des éliminatoires de la Coupe du monde de 1994, Aimé prend courageusement le poste de sélectionneur (situation provisoire dit la Fédération le jour de la signature du contrat) et très vite, il impose sa marque et s’appuie sur des joueurs clés comme Didier Deschamps et Laurent Blanc. Puis en janvier 1995, Aimé Jacquet tranche. Ne tenant pas compte des critiques, il installe Zidane à la place d’Eric Cantona.
Pendant plus de 4 ans, il forge un groupe aux statistiques impressionnantes : 3 défaites seulement en plus de 50 matchs.
Mais le schéma tactique proposé par Jacquet ne séduit pas. Les critiques pleuvent et le sélectionneur doit faire face à une virulente campagne de presse avant la Coupe du monde 1998.
Le déroulement de cette dernière donne toutefois raison au sélectionneur car l’équipe de France est une redoutable mécanique parfaitement huilée que ni les blessures ni les expulsions et suspensions ne parviennent à enrayer. Et finalement à force de persuasion, en imposant ses idées avec conviction, il atteint la consécration le 12 juillet 1998 lorsque la France bat le Brésil 3-0 en finale de la Coupe du monde.

jacquet

 

sail_sous_couzan    Il peut alors tirer sa révérence, fier du travail accompli et il obtient le poste de directeur technique national où il milite pour la formation sous toutes ses formes et une meilleure reconnaissance du football féminin.

Huit ans plus tard, en 2006, il prend une retraite méritée et devient consultant football sur Canal plus.
Comme il se définit lui-même, en tant que simple serviteur du football, il a connu un parcours exceptionnel mais qui ne doit rien au hasard, cependant sa trajectoire est marquée par de multiples rencontres qui forcément ont eu une influence sur lui.
Merci pour tout, Aimé.

  J'ai eu la chance de le rencontrer, en 2013 devant un public d’anciens Verts et d’amis, le sénateur-maire, Maurice Vincent, a remis la médaille d’or de la ville de Saint-Etienne à Aimé Jacquet ancien joueur de l’ASSE et ancien sélectionneur de l’Equipe de France en sa qualité de figure emblématique du club de football stéphanois