duperey

 

Je publie une lettre de madame Duperey que j'avais rencontrée à la fête du livre, sachant que je suis aussi un utilisateur du Levothyrox modifié en avril.....

levo

 

 

Bonjour,

Je suis traitée depuis une douzaine d’années pour hypothyroïdie, compensée jusqu’à ces derniers mois sans aucun problème, par la prise de ce médicament.

Je fus avertie par mon pharmacien du changement d’excipient dans le Levothyrox, ce qui ne m’a aucunement inquiétée, et j’ai continué à le prendre en toute confiance.

Des malaises très inquiétants sont alors apparus en rafale, et pas une seconde je n’ai pensé qu’ils étaient la conséquence de ce changement de formule ! Aucune méfiance ! Ce n’est que lorsque j’ai lu la pétition mise en ligne dernièrement que j’ai compris ce qui se passait…

C’est pourquoi je suis particulièrement révoltée lorsque j’ai lu des propos dans le style « Tout changement est anxiogène… », surtout chez des patients soumis, de par leur pathologie, à des « troubles de l’humeur » - comme si nous étions des imbéciles influençables, des faibles d’esprit prêts à « se faire des idées » pour un rien. C’est insultant.

Moi, je n’ai eu aucune angoisse préalable, nulle inquiétude.

POURTANT… sont apparus par ordre d’entrée en scène :

- Maux de tête et vertiges – au point de demander à faire un echo-doppler de circulation cérébrale, fin Avril, avant de partir tourner à l’étranger. Résultat : rien d’anormal.

- Crampes au réveil, retour de douleurs articulaires au niveau des hanches – qui m’ont rappelé les heures sombres ou je m’empoisonnais avec des Statines (abandonnées pour « intolérance majeure »)

- Faiblesse musculaire telle que j’ai dû abandonner l’exercice physique, pourtant doux, qui m’était salutaire.

- Constants problèmes digestifs et intestinaux – que la bienséance m’interdit de décrire.. . mais qui vont jusqu’à s’avérer socialement handicapants !

- Epuisement tel, que pour assurer une journée de tournage, je me vois contrainte de prendre moulte cafés, ou du Guronsan pour « tenir » la journée – après, je m’écroule.

- J’ai fait par deux fois un contrôle sanguin, car je me sentais « comme si » j’étais de nouveau en hypothyroïdie – dosage normal, pour ma part. Donc, je ne comprenais rien.

L’on m’a rapporté que le directeur de ANSM a affirmé à la radio, Samedi dernier, que cette nouvelle formule du LEVOTHYROX avait court dans toute l’Europe. C’est faux. Les français sont les seuls « cobayes ». Quand un responsable si haut placé profère un si énorme mensonge, ce n’est pas très bon signe…

J’ai entendu aussi affirmer que ces malaises étaient « transitoires » - comment le savent-ils, puisque les malades français sont les premiers à expérimenter cette formule ? Et que veut dire « transitoire » alors qu’apparemment, aucun des effets secondaires ne faiblit au fil des mois ?

Puisque tous nos pays voisins ont refusé cette nouvelle forme catastrophique du LEVOTHYROX , que les Pays-bas l’ont abandonné après l’avoir testé, va-t-on favoriser une sorte de « marché noir de l’ancienne formule » à nos frontières, comme pour le tabac ?

Quand on sait que ce produit est VITAL pour des milliers de personnes, dont on pourrit la vie sans même qu’elles sachent pourquoi on les oblige à subir cela, c’est un honteux scandale.

Messieurs, Mesdames les journalistes, au nom de toutes ces victimes d’effets secondaires, alors qu’à ma connaissance NUL ne se plaignait de l’ancienne formule, investiguez, faites votre métier en cherchant quel est l’intérêt caché de cette honteuse manipulation.

Ha ! J’oubliais un autre effet secondaire :

Moi qui suis d’un caractère doux, je suis en permanence exaspérée. Serait-ce par hasard dû à la colère d’être contrainte d’ingurgiter un produit qui me fait à présent plus de mal que de bien ?? Bien sûr que non ! Nos responsables de la santé publique vous affirmeront que cette mauvaise humeur est due à la faiblesse de ma thyroïde… Evidemment !  

Anny DUPEREY           

 

Une pétition en ligne, réclamant le retour à l'ancienne formule de Lévothyrox, recueille actuellement plus de 170 000 signatures

 Rappel: Dans un communiqué diffusé le jeudi 24 août, le laboratoire Merck avait annoncé prendre en compte « l’inquiétude suscitée chez certains patients par le changement de formule de Levothyrox ». Il rappellait cependant que la transition vers la nouvelle formule a été bien tolérée par « la très grande majorité des 3 millions de patients traités par Levothyrox ».

Le laboratoire observait également que la plupart des symptômes rapportés sont identiques à ceux de l’ancienne formule et peuvent évoquer des signes d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie, et indiquait que « quelques centaines de cas ont été rapportés, sans causalité établie avec Levothyrox ».

Merck recommandait à chaque patient présentant des symptômes évoquant un déséquilibre thyroïdien de se rapprocher de son médecin. Il insiste sur la nécessité de ne pas arrêter le traitement sans avis médical.

Enfin, il précisait que le changement de formule a été réalisé à la demande de l'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), dans l'intérêt des patients et que la nouvelle formule a été approuvée par l'ANSM en septembre 2016.

    Cependant la notice rédigée par Merck pour accompagner la nouvelle formule de son médicament est particulièrement pauvre. Elle ne mentionne que très peu d'effets secondaires potentiels.  

L'ANSM a agi très légèrement et sa responsabilité est entière. En France, il y a eu deux tentatives de commercialisation de génériques du Levothyrox par deux autres laboratoires, qui se sont à chaque fois conclus par des échecs, du fait des effets indésirables qu'ils entraînaient. L'agence n'a pas tenu compte de ces précédents et s'est lancée dans la commercialisation de cette nouvelle formule sans filet de sécurité. 

L'une des questions que soulève cette affaire est le monopole du laboratoire Merck sur le Levothyrox en France. Il n'y existe pas de médicaments concurrents en cachets, ni de génériques. En Allemagne, il en existe une dizaine. Que l'on demande de changer une formule est une chose. Qu'il n'y ait pas de substitut au Levothyrox est inacceptable.