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 Encore un selfie d'actualité!!

 

CharlElie revient en France et il précise pourquoi dans un long message:

Je rentre,
C’est décidé, je rentre en France.
Après quinze années passées à New York, je vais rentrer en France.
Parti pour chercher quelque chose à l’intérieur de moi, j’avais le sentiment de ne pas pouvoir le trouver ailleurs. Comme un hamster dans une cage certes bien entretenue, mais trop étroite, je devais quitter un traintrain qui tournait à l’ennui comme un manège sur les rails d’avis préconçus et de jugements à l’emporte-pièce. Porté par l’idée que la Liberté d’agir américaine me permettrait de me défaire d’une gangue de principes qui m’empêchait d’aller loin, je voulais me défaire d’un costard en carton que d’autres avaient dessiné pour moi. Tous les artistes que j’admirais, tous ceux qui me motivaient, avaient un jour ou l’autre habité à New York. Je suis parti pour essayer autre chose, pour me déconstruire afin de mieux me reconstruire dans cette ville qui me faisait rêver.

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New York, Oh ! New York, tant de choses s’y passent à la jonction des impossibles. New York où se croisent tous les paradoxes, les envies forcenées des princes de l’extrême, les diamantaires de la 47th street, les musiciens célestes des clubs de jazz, les monstres de l’investissement sur Wall Street, les sages de l’anarchie de Harlem ou Lower East side, les bonzes en méditation ou les juges mormons, à Chinatown ou à Crown Heights, les danseuses du pole Nord, Hercules et amazones, les rois du Crossfit ou de la boxe thaï, les écrivains suicidaires, les touristes suants sur la 42nd, les diables gourmands et les angelots bedonnants, les Méduses furieuses et Gorgones à paillettes, les rustlers, butlers, hustlers ou autres footpads et pimps en couleurs aux néons de Times Square, ou les figures de proue des bateaux d’une renommée fantôme à Tribeca… New York ! Oh New York, qui me faisait tant rêver !
J’y ai trouvé la réponse à quasiment toutes mes interrogations sur l’Art et la Beauté, sur le sexe, la famille, la drogue, la religion ou la solitude, sur l’argent et le pouvoir et même sur le sens de la poésie. Oui, j’ai trouvé des réponses à tout cela en me confrontant aux dieux et démons qui tels les spectres de Ghostbuster, hantent les millions de globules circulant dans les artères du "géantissime" New York.
Une ville c’est comme un engin de chantier, un engin de construction. Quand on s’imagine pilote, envahi du plaisir mégalomane animant ceux qui aspirent à se colleter aux grands défis, plus la ville est grande, plus on a le sentiment de conduire un gros engin. Mais s’il advient que le moteur de cette machine se grippe, alors on ne se sent vraiment plus capable de rien en face d’un diplo-bulldozzer de plusieurs mégatonnes immobile.
Je rentre.

charlle

L’élection de ce pourri de Trump dont l’immeuble se dresse à quelques blocks de l’appartement où j’ai emménagé il y a quinze ans, a contribué à changer la donne. Un sentiment de malaise me donne des hauts le cœur chaque fois que je vois sa gueule de con proférer des ignominies. Mais au fond, il n’est que l’incarnation de la métamorphose d’une ville qui depuis 2001 est devenue celle des gens d’argent, des investisseurs, des banquiers et traders, des startups numériques et autres virtual winners. Elle n’est plus celle des «démerde-toi-et-le-ciel-t’aidera », des «le-talent-suffit », des « n’importe-quoi-vaut –mieux-que-rien» et autres rebelles inventifs qui trouvaient toujours un moyen pour se faufiler dans les interstices de la pensée au sein de cette ville in-finie. New York est devenue celle des multimilliardaires internationaux et des programmes informatiques contrôlant nos moindres comportements, surveillant nos pensées les plus secrètes. Quoi qu’on fasse, on s’aperçoit qu’on ne fait qu’obéir aux algorithmes conçus par des cyber démiurges. Bien sûr les artistes en tous genres, les « Best of the beast », les ambitieux talentueux venus du monde entier, les génies « toujours-plus-fous-que-vous », les insatisfaits en quête de réalisation, ceux qui donnaient de l’entrain à la ville, les démerdards qui la rendaient exceptionnelle tous ceux-là sont toujours présents quelque part, mais ils sont éparpillés aux quatre coins des 5 boroughs : Manhattan, Queens, Bronx, Brooklyn et Staten Island.
Depuis les origines de ce comptoir Hollandais, les immigrants ont toujours bataillé pour s’en sortir au jour le jour, mais le coût de la vie est devenu si élevé, qu’on n’a plus le temps de pouvoir espérer une quelconque réussite à moyen terme.
Le combat au quotidien pour la survie dans l’urgence n’a plus rien à voir avec l’espoir légitime de voir un jour fleurir après-demain les graines de la création qu'on a semées aujourd'hui. Non, on doit déjà arriver avec un bouquet. La mise minimum est si élevée qu’elle interdit l’accès à la table à tous ceux qui bien que bons joueurs ne peuvent plus abattre leurs cartes et faire montre de leur talent…
Bien sûr, on peut toujours dire que c’est histoire d’initiatives personnelles et que les gouvernants n’y sont pour rien ; c’est exact, n’empêche que si Marine Le Pen avait été élue, je ne verrais sûrement pas les choses de la même manière…
Au-delà du personnage que je ne connais pas personnellement, l’élection d’Emmanuel Macron représente un changement indiscutable (et nécessaire) dans l’approche de la chose politique Française.

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La constitution de son « jeune » gouvernement,- avec notamment en troisième poste Nicolas Hulot, qu’on attendait depuis des années investi d’une fonction proportionnelle aux prises de consciences qu’il avait suscitées,- de même que le choix de confier à des personnes d’expérience la responsabilité de ministères en adéquation avec leur sensibilité, tout cela me semble avoir le mérite de bouleverser une routine conventionnelle, et je trouve cet environnement intellectuel plus stimulant que le climat délétère de haine et de bêtise obscène qu’impose un président/tyran ignare qui nie le changement climatique, détruit les terres des indiens autochtones, se moque honteusement des opprimés, et ne prend des décisions que dans une optique de profit à court terme sans respect pour la dignité humaine.

Je garderai bien sûr un bureau/atelier à New York, une sorte de pied à terre où je pourrai recevoir, mais c’est décidé,
Je rentre en France.

CharlElie Couture.